
Manger sans faim : comprendre les compulsions alimentaires

Bénédicte Rola
Hypnothérapeute · Péronne
Quand l'assiette se vide sans que la faim soit là
Il est 17 h, le dîner n'est pas loin, et pourtant vous vous retrouvez devant le placard. La faim n'est pas vraiment là, mais la main va chercher quelque chose. Quelques minutes plus tard, le paquet est vide et une pointe de culpabilité s'installe.
Beaucoup de personnes connaissent cette scène. Elle n'est ni un manque de volonté ni un défaut de caractère : c'est un comportement qui a souvent une histoire.
Faim du corps ou envie de manger ?
Certaines personnes trouvent utile de distinguer deux sensations :
- La faim physique : elle monte progressivement, s'accompagne de signaux (creux dans l'estomac, baisse d'énergie) et s'apaise avec presque n'importe quel aliment.
- L'envie de manger : elle arrive souvent d'un coup, cible un aliment précis (sucré, croustillant, réconfortant) et peut persister alors que le corps a déjà eu son compte.
Ce qui peut se cacher derrière
Plusieurs éléments peuvent intervenir, souvent en même temps :
- L'automatisme : manger devant un écran, en cuisinant, en rentrant du travail, à la même heure chaque jour.
- Les émotions : stress, ennui, tristesse, solitude, parfois même joie. Manger peut offrir un apaisement rapide, sans que l'on s'en rende compte.
- Les restrictions : après des périodes de régime strict, certaines personnes observent des envies plus intenses.
- La fatigue : un manque de sommeil s'accompagne parfois de davantage d'envies de grignoter.
Les mécanismes exacts varient d'une personne à l'autre et ne sont pas tous bien compris. Ce que j'observe en cabinet, c'est que ces envies ont rarement une seule explication.
Le but n'est pas de se juger, mais de s'intéresser à ce que cette envie cherche à exprimer.
L'hypnose pour mieux repérer ce qui se joue
L'hypnothérapie repose sur un état de concentration détendue, proche de ce que l'on vit en se laissant absorber par un livre ou par la route. Dans cet état, l'attention se tourne vers l'intérieur et les sensations deviennent souvent plus faciles à percevoir.
Lors des séances, je vous invite à explorer, à votre rythme, ce qui précède l'envie : une pensée, une tension, un moment de la journée. Certaines personnes trouvent que cela leur permet de reconnaître plus tôt les situations où le geste de manger devient automatique. L'hypnose ne remplace pas un suivi médical et je ne peux promettre aucun résultat : chaque parcours est différent.
Un exercice à essayer : la pause de 90 secondes
La prochaine fois que l'envie surgit, essayez ceci avant d'ouvrir le placard :
- Posez-vous : asseyez-vous, les pieds à plat au sol, une main sur le ventre.
- Respirez 5 fois : inspirez 4 secondes par le nez, expirez 6 secondes par la bouche.
- Évaluez la faim : sur une échelle de 0 (aucune faim) à 10 (très faim), à combien situez-vous la sensation ?
- Nommez ce qui est là : fatigue, ennui, tension, besoin de pause ? Un mot suffit.
- Choisissez ensuite : mangez si vous le souhaitez, en vous asseyant et en prenant le temps de goûter, ou faites autre chose.
Il ne s'agit pas de vous interdire quoi que ce soit. Cet exercice sert simplement à créer un petit espace entre l'envie et le geste, pour observer ce qui se passe en vous. Certaines personnes le trouvent utile, d'autres moins : l'essentiel est de rester bienveillant envers soi-même, quel que soit le résultat.
Quand consulter ?
Peut-être vous reconnaissez-vous dans ces situations :
- Vous mangez sans faim presque chaque jour, souvent en fin de journée ou le soir.
- Vous mangez vite, parfois jusqu'à l'inconfort, puis vous ressentez de la culpabilité ou de la honte.
- Vous avez le sentiment que ce comportement vous échappe, malgré vos efforts.
- Le sujet de l'alimentation occupe une grande place dans vos pensées.
Si c'est le cas, vous n'avez pas à traverser cela seul. Je vous reçois à Péronne pour un temps d'écoute, où nous cherchons ensemble à mieux comprendre vos habitudes et vos émotions autour de l'alimentation.
Il est également recommandé d'en parler à votre médecin traitant, en particulier si ces comportements sont intenses, s'accompagnent d'une grande détresse ou si vous vous interrogez sur votre santé. L'hypnothérapie peut être un accompagnement complémentaire, jamais un substitut à un avis médical.


