
Culpabilité après un traumatisme

Bénédicte Rola
Hypnothérapeute · Péronne
Quand la culpabilité s'installe après le choc
Vous rejouez la scène. Encore.
Et à chaque fois, une petite voix vous souffle que vous auriez pu, que vous auriez dû.
Dire quelque chose. Ne pas dire quelque chose. Partir plus tôt, rester plus longtemps, voir venir ce que personne, en réalité, ne pouvait voir venir.
Ce que vous ressentez est réel, et vous n'êtes pas seul(e) dans cette situation. C'est une culpabilité que je rencontre très souvent en cabinet, chez des personnes qui ont pourtant fait ce qu'elles pouvaient, avec les informations et les ressources qu'elles avaient à ce moment précis. Mais le mental, après un traumatisme, ne raisonne pas comme un tribunal équitable. Il réécrit l'histoire à la lumière de ce que vous savez maintenant, et vous juge sur cette version-là.
Il y a aussi une deuxième couche, souvent moins visible : la culpabilité qui naît après coup, face à vos propres réactions. Un emportement, des larmes qui arrivent au mauvais moment, une irritabilité qui déborde sur vos proches, un repli que vous ne vous expliquez pas. Et là encore, le jugement tombe : vous ne devriez pas réagir comme ça, vous devriez déjà aller mieux, vous en faites trop, ou pas assez.
Ce que l'on observe fréquemment
Concernant l'événement lui-même :
- Un ressassement des "si j'avais fait ça" ou "si j'avais dit ça"
- Le sentiment d'avoir manqué un signal qui, avec le recul, semble évident
- Une difficulté à se pardonner une réaction jugée "trop faible" ou "pas assez protectrice" sur le moment
Concernant l'après :
- Des émotions qui débordent sans prévenir (colère, sanglots, sidération) et qui laissent une honte derrière elles
- Une estime de soi qui s'érode, comme si chaque débordement confirmait une "faiblesse" plutôt qu'une réaction normale à un choc
- L'impression de peser sur son entourage, de "ne pas y arriver", de décevoir ou de se décevoir
Ces deux formes de culpabilité se nourrissent souvent l'une l'autre. Ce que j'observe en cabinet, c'est que le corps et le mental, sous le choc, fonctionnent en mode survie, pas en mode discernement. La culpabilité, elle, arrive après, quand le cerveau cherche à comprendre et à reprendre un semblant de contrôle sur ce qui a échappé à tout contrôle.
« La culpabilité, après un traumatisme, n'est pas la preuve d'une faute. C'est souvent la tentative désespérée de reprendre la main sur ce qui vous a échappé. »
Reconnaître cela, c'est déjà poser un premier regard bienveillant sur ce que vous traversez.
Comment le RITMO peut contribuer à apaiser cette culpabilité
Le RITMO est une méthode de traitement du traumatisme qui s'appuie sur la stimulation bilatérale alternée, un principe proche de celui de l'EMDR. L'idée est simple dans son fonctionnement, mais puissante dans ses effets : quand un événement a été trop intense pour être "digéré" normalement, il reste stocké dans le système nerveux avec les mêmes charges émotionnelles, les mêmes images, les mêmes croyances qu'au moment où il s'est produit, dont la croyance "j'aurais dû faire autrement".
Le RITMO permet de retraiter ce souvenir sans qu'il soit nécessaire de le revivre dans son intensité initiale. En stimulant alternativement les deux hémisphères du cerveau, on aide le système nerveux à recatégoriser l'information : l'événement reste un souvenir, mais il cesse d'être vécu comme une menace actuelle, et la croyance de culpabilité qui s'y était attachée peut se dissoudre au profit d'une vision plus juste de ce qui s'est réellement passé.
Le RITMO n'efface pas d'un coup de baguette magique le sentiment de responsabilité. Mais il permet souvent de distinguer ce qui relève du jugement rétrospectif de ce qui s'est réellement joué sur le moment, avec les ressources dont vous disposiez alors.
Ce qui se passe lors d'une séance
- Un temps d'écoute : nous prenons le temps de comprendre votre vécu, sans jugement, avant même d'aborder le protocole, puis de définir la cible de travail (l'événement, l'image, ou la croyance de culpabilité associée).
- L'évaluation de départ : nous identifions ensemble la croyance négative actuelle ("j'aurais dû", "c'est de ma faute") et son intensité émotionnelle, pour pouvoir mesurer l'évolution.
- La stimulation bilatérale alternée : par mouvements oculaires, tapotements ou sons alternés, nous retraitons la scène et les ressentis associés, jusqu'à ce que la charge émotionnelle diminue et que la croyance retrouve sa juste place.
- L'installation d'une croyance plus juste : nous consolidons une vision plus ajustée de ce qui s'est réellement passé, en lien avec les ressources que vous aviez à ce moment-là.
- Le retour et l'échange : nous prenons le temps de partager ce qui a émergé et d'ancrer ce qui a changé.
Certaines personnes décrivent, parfois même après une seule séance, une sensation d'allègement, une distance nouvelle avec le jugement qu'elles portaient sur elles-mêmes. Les résultats varient selon chaque personne et chaque parcours.
Un exercice à essayer maintenant
La prochaine fois qu'une vague de culpabilité ou d'émotion vous submerge, avant même de chercher à comprendre ou à raisonner, essayez d'abord d'accueillir ce qui traverse le corps :
- Croisez les bras sur votre poitrine, main gauche sur l'épaule droite, main droite sur l'épaule gauche.
- Tapotez doucement et alternativement, une épaule puis l'autre, à un rythme lent et régulier.
- Laissez l'émotion être là, sans chercher à l'arrêter ni à la justifier. Contentez-vous de nommer, intérieurement, ce que vous ressentez ("c'est de la colère", "c'est de la tristesse", "c'est lourd").
- Continuez le tapotement jusqu'à ce que l'intensité commence à redescendre, même légèrement.
Cet exercice ne remplace pas un accompagnement, mais il peut aider le système nerveux à traverser la vague sans qu'elle vous emporte, avant même d'aller chercher du sens.
Quand consulter un professionnel ?
Si la culpabilité occupe une grande partie de vos pensées, si elle s'accompagne d'une estime de soi qui s'effondre, si les débordements émotionnels se répètent et vous isolent, ou si vous avez le sentiment de ne plus vous reconnaître, il peut être utile d'en parler à un professionnel.
J'accueille à mon cabinet à Péronne des personnes qui vivent exactement ce que vous venez de lire. Pas de jugement, pas de précipitation : chaque accompagnement se construit à votre rythme, en fonction de ce que vous traversez.
Ce que je vous propose
- Un premier entretien d'écoute pour comprendre votre situation
- Un accompagnement en hypnothérapie adapté à votre vécu, incluant si besoin un travail RITMO sur l'événement traumatique
- Un espace bienveillant, confidentiel et sans pression
Je vous conseille également d'en parler à votre médecin traitant si cette culpabilité s'accompagne d'un mal-être important, afin d'avoir un regard global sur votre santé. L'hypnothérapie s'inscrit dans une démarche complémentaire.
Vous n'avez pas à porter ça seul(e). Et la première étape, c'est souvent simplement d'en parler.
Vous vous reconnaissez dans cet article ?
Si cet article fait écho à votre situation, je vous accompagne au cabinet à Péronne. Chaque consultation est adaptée à vos besoins.


